L’opération américaine ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro, décidée début janvier 2026 par le président Donald Trump, a constitué un tournant brutal dans la longue crise vénézuélienne. En quelques heures, la question de la légitimité du dirigeant de Caracas s’est trouvée mêlée à celle, plus large, du respect du droit international et du rôle des Nations unies.

Une opération fulgurante
Dans la nuit, des frappes ciblées accompagnent un raid de forces spéciales américaines contre des sites militaires autour de Caracas, aboutissant à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores, exfiltrés hors du pays puis transférés vers les États‑Unis. Au matin, Donald Trump revendique publiquement l’opération, présentée comme une mission de « justice internationale » visant un dirigeant accusé de narcoterrorisme et de trafic de drogue sur la base d’actes d’accusation déjà ouverts.
Washington parle d’« extraction ciblée », affirmant ne pas chercher une invasion classique ni un changement de régime par occupation, mais l’application de la loi face à un « régime narco‑criminel » considéré comme une menace régionale. Cette justification repose sur une large interprétation de la légitime défense et de la lutte contre le crime transnational.
À Caracas, les autorités restées en place qualifient immédiatement l’opération d’ « agression impérialiste » et de « kidnapping » d’un chef d’État en exercice. L’état d’urgence est décrété, l’armée placée en alerte et le Venezuela réclame une réunion d’urgence du Conseil de sécurité ainsi qu’une preuve de vie de Maduro.
Dans la société vénézuélienne, les réactions sont divisées. Une partie de la base chaviste dénonce la violation de la souveraineté, tandis qu’une frange de l’opposition voit dans le départ forcé de Maduro une possible sortie de crise, tout en exprimant des craintes face au précédent d’une intervention étrangère armée.
L’ONU et les réactions internationales
Aux Nations unies, le secrétaire général António Guterres se dit « profondément préoccupé » par une action militaire menée sans mandat et rappelle les principes de souveraineté, de non‑ingérence et de règlement pacifique des différends. Au Conseil de sécurité, plusieurs États, y compris parmi les alliés de Washington, s’inquiètent d’un affaiblissement supplémentaire de l’ordre multilatéral.
L’Union européenne rappelle qu’elle ne reconnaissait pas la réélection de Maduro, jugée ni libre ni équitable, mais souligne que la contestation politique d’un dirigeant ne vaut pas autorisation d’usage unilatéral de la force. Des pays alliés de Caracas condamnent quant à eux un « enlèvement » et un « coup d’État externe », exigeant la libération et le retour du président vénézuélien.
Une légitimité au cœur du débat
Depuis des années, de nombreux États et organisations remettent en cause la légitimité de Maduro, dénonçant des scrutins contestés, l’exclusion de candidats d’opposition et une répression persistante. Des sanctions ciblées, des médiations et plusieurs tentatives de dialogue ont été mises en place pour encourager une transition politique sans recourir à la force.
À l’opposé, certains gouvernements continuent de le reconnaître comme président au nom de la constitution vénézuélienne, estimant que seul le peuple du pays est habilité à décider de son départ. La capture de Maduro fait donc surgir une question de fond : jusqu’où la communauté internationale peut‑elle aller pour s’opposer à un dirigeant jugé illégitime, sans ébranler les règles qui encadrent l’usage de la force entre États ?