Qui sont les gardiens de la Révolution iranienne?

Défilé des Gardiens de la révolution à Téhéran en février 2017, pour le 38e anniversaire de la révolution islamique. Anadolu via AFP / © Fatemeh Bahrami

La chute du chah

A l’aube de l’année 1963, le chah d’Iran, Muhammad Reza Pahlavi, inaugure la « révolution blanche ». Cette réforme vise à moderniser drastiquement le pays via une politique d’occidentalisation soutenue par les Etats-Unis. Engagé dans ce processus depuis les années 1940, le dirigeant soumet les principaux éléments de cette révolution à des référendums populaires. 

Acceptées dans un premier temps, ces mesures sont de plus en plus désapprouvées par les propriétaires terriens et la plupart des autorités religieuses. Pourtant, des protestations grandissent et font s’élever la voix de Rouhollah Khomeiny, un chef religieux chiite, qui dénonce la corruption du pays et l’accroissement des inégalités au profit des quelques oligarques iraniens. Il est néanmoins contraint à l’exil pour sa critique du régime. 

C’est ainsi, à l’Hiver 1978, que tout vacille. Une vague de contestation se déploie au travers le pays, réunissant grévistes, manifestants et émeutiers derrière le slogan « Bye bye Chah ». Ne parvenant à contenir l’effervescence populaire, le chah fuit après avoir largement réprimé les vagues de contestations via des arrestations de masse. Le gouvernement se voit contraint de d’entamer des négociations avec le leader religieux. Khomeiny arrive dès lors au pouvoir mais renie toute légitimité de l’ancien régime. 

La mise en place d’une République islamique

Dans ce contexte, pléthores d’iraniens soutiennent avec ferveur le dirigeant charismatique. Mais l’ayatollah ne laisse pas les espoirs planer longtemps. Il devient le Guide suprême d’un régime islamique dès avril 1979. Le pays s’inscrit alors dans une répression des libertés brutale. Le nouveau meneur mandate sa milice, les Gardiens de la révolution, de réprimer toute émergence d’une opposition. Ils n’ont, depuis, cessé de terroriser la population. C’est sans hésitation que les manifestants sont visés par des tirs de balles et des violences répétées. En 1989, l’ayatollah meurt et Khamenei lui succède. Ce dernier poursuit une politique autant plus barbare, qui met en place des moyens horrifiques pour réduire au silence le peuple contestataire. Il est appelé le « boucher de Téhéran » et se met en scène au travers des images de propagande quadrillant les lieux publics. Il survit ainsi face aux mouvements populaires, en matant dans la terreur les mobilisations. Loin de l’égalité complète qui était accordée aux femmes sous la dynastie du chah, l’Iran s’est évertué à réduire drastiquement les acquis d’égalité des genres tout en opprimant d’autant plus les minorités ethniques et LGBT. 

Ancien Guide Suprême de la République islamique

Toutefois, la République islamique d’Iran souhaite garder un semblant d’illusion démocratique. Le pays tenant compte de la charia, toutes les institutions suprêmes sont placées sous l’autorité du Guide Suprême. Un président est toutefois élu pour quatre ans et doit garantir l’application de la Constitution. Dans les faits, il peut être destitué par le Guide suprême et le pouvoir est régulièrement accusé de fraudes électorales.

Les Gardiens de la Révolution

En ces débuts d’année 2026, les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont approuvé l’ajout du Corps des Gardiens de la révolution islamique à la liste européenne des organisations terroristes. Cette décision retentissante s’inscrit dans un contexte de répression des plus violents dans le pays iranien. Celui-ci aurait fait des dizaines de milliers de morts.

Cette milice est devenue un des piliers économique et militaire majeurs du régime. Formés pour défendre l’idéologie islamiste chiite de la révolution, leur mission est de faire avancer les intérêts du système théocratiques. Ce conseil est depuis 45 ans à l’origine d’attentats terroristes, de prises d’otage, d’actes de piraterie, d’assassinats politiques, mais encore de violations des droits de l’Homme. Ils sont connus pour leurs actes d’extrêmes violences commis à l’encontre de manifestants pacifiques. De fait, dans les manifestations qui ont suivies l’assassinat de Mahsa Jina Amini en 2022 en raison d’un « port de vêtements inappropriés », 500 personnes ont été tuées, dont 70 enfants. 

Au-delà de ces répressions de masse, le Conseil des Gardiens de la Révolution finance de nombreuses associations terroristes islamistes à travers le monde. Avec un soutien actif au Hezbollah libanais, mais également au Hamas, le groupe s’affilie clairement à une idéologie expansionniste. En fournissant des armes et des financements au Hezbollah notamment, il s’assure de se façonner une influence sur le Liban et entraine des attaques dirigées contre les civils. Ce Conseil aurait entrainé 200 000 combattants de la région du Moyen-Orient. 

En renforçant les sanctions économiques contre les dirigeants iraniens, l’Union européenne souhaite prendre des mesures pour affaiblir le régime. Mais ces dernières restent trop limitées et insuffisantes pour neutraliser ses organisations. La reconnaissance de la nature terroriste des Gardiens de la Révolution est une décision qui semble tout de même nécessaire face a leur implication dans de nombreuses déstabilisations géopolitiques. Cette prise de position n’est pas isolée et succède au classement états-unien du Conseil comme organisation terroriste étrangère en 2019 et à une décision similaire du Canada en 2024. 

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