Chaque année, des millions d’animaux meurent dû aux expérimentations exercées sur eux à travers le monde ; en 2022, un rapport de l’Union Européenne a confirmé que 8,39 millions d’animaux ont été utilisées (pour la première fois) au sein des vingt-sept pays membres. Cette expérimentation animale est utilisée pour différentes causes : la recherche fondamentale et biomédicale, la toxicologie, la pharmacologie, l’agroalimentaire, l’environnement, la sécurité et, particulièrement, la cosmétique.
Qu’est-ce que l’expérimentation animale ?
Aussi appelée « recherche animale », cette pratique consiste à effectuer des expériences ou des tests sur des animaux vivants afin d’obtenir des données et mieux comprendre des processus en fonction du domaine dans lequel les recherches sont faites. Il faut noter que cet usage remonte à l’Antiquité où des références la dissection d’animaux ont été réalisé dans le but de mieux comprendre leur anatomie, quand bien même il ne sait que largement développé au cours de ces derniers siècles.
En effet, que ce soient des observations, des manipulations, des interventions chirurgicales, des prélèvements de tissus, des tests de médicaments ou des études de comportement, toutes ces procédures ont permis d’utiliser énormément d’animaux différents ; en 2022, l’UE déclare avoir expérimenté sur : 63,1% de mammifères (dont 56,8 % de rongeurs, 4,4 % de lapins, 1,5% d’animaux de la ferme, etc.), 30,3 % de poissons, 6,2 % d’oiseaux, 0,4 % d’amphibiens et O,1% de reptiles. Lors des discussions à propos de l’expérimentation animale, on peut retrouver plusieurs avantages souvent mis en avant comme la contribution significative que la recherche animale a eu au sein des avancées scientifiques et médicales en aidant à la compréhension des maladies et des processus biologiques et au développement de traitement et de médicaments, mais aussi la contribution qu’elle a eu à la sécurité des produits pour les humains permettant de mesurer les effets d’un composé sur la population. Cependant, de nombreux inconvénients sont à prendre impérativement en compte : la souffrance animale, le coût élevé, l’inefficacité, la fiabilité des résultats ou encore la question éthique.
Les actions de l’Union Européenne
En 2004, l’UE interdit les tests sur les animaux pour les produits finis tels que les produits cosmétiques ; puis en 2009, ils sont interdits pour les ingrédients qui les composent mais il est également de vendre des produits cosmétiques et leurs ingrédients testés sur des animaux (officiellement mis en œuvre en 2013). Considérées comme une grande avancée et une voie vers une interdiction mondiale et totales de l’expérimentation animale, ces réglementations ne sont pas aussi strictes qu’on peut le croire. Effectivement, les entreprises peuvent toujours vendre des produits testés sur des animaux dans d’autres pays comme la Chine ou certains états des Etats-Unis qui exigeaient l’expérimentation animale sur la majorité voire l’intégralité des produits cosmétiques qu’ils commercialisaient ; compte tenu du fait que ces pays ont aujourd’hui remplacé cette obligation, par des évaluations de la sécurité d’emploi pour la Chine.
Ainsi, certaines marques de cosmétiques telles que Benefit, Maybelline ou Bobbi Brown affichent « sans cruauté », elles affirment qu’elles n’effectuent pas de tests sur les animaux, sauf si la loi exige donc le cas où leurs produits ou du moins leurs ingrédients sont vendus dans les pays l’obligeant ou l’acceptant. De plus, dans le secteur cosmétique, l’allégation « non testé sur animaux » a pour interdiction d’apparaitre sur les emballages des produits car cela pourrait porter à confusion vis-à-vis de produits qui n’affichent pas cette revendication, insinuant que leurs entreprises procèderaient à des expériences sur des animaux.
Une lutte engagée
En outre, de nombreuses associations de protection animale essayent de faire entendre leur voix afin d’interdire complètement les tests effectués sur les animaux, notamment en soutenant une Initiative Citoyenne Européenne (ICE) intitulée « Save Cruelty-free cosmetics » qui revendique cette interdiction et qui doit être signé par un certain nombres de personnes dans chacun des vingt-sept Etats membres pour totaliser un million de signataires avant le 31 aout 2022 ; le 25 janvier 2023, cette initiative a été présentée à la Commission Européenne après avoir comptabilisée 1 217 916 signatures. Nonobstant, la création d’un label « Cruelty-free » qui peut être utilisés à condition de répondre a un cahier des charges précis de certains organismes privés, cette certification est délivrée par la PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) ; la mis en place de logos officiels qui garantissent la non-cruauté envers les animaux a aussi été mis en place avec leaping bunny, beauty with bunnies et choose cruelty free.
Ces initiatives prouvent une implication et un réel engagement pour la cause animale et la question éthique de la recherche animale. On peut se demander alors : comment je peux agir pour cette cause dans mon quotidien et à mon échelle ? La réponse est : se renseigner et changer ses habitudes ! Une action qui peut paraitre compliquée mais qui avoir un impact décisif, par exemple en changent en arrêtant d’acheter des marques qui procèdent à des tests sur les animaux comme Yves Rocher, Nuxe, L’Oreal, L’Occitane, M.A.C., Caudalie, Clarins, Dove, Estée Lauder, Febreze, Garnier, Guerlain, Lancôme, Nair, Neutrogena, Vaseline, Veet… et plus encore, pour trouver des alternatives plus éco-responsables.
Les actions menées par l’Union Européenne dans l’industrie cosmétique contre l’expérimentation animale présentent des limites et peuvent prêter à confusion mais il est nécessaire de souligner qu’elles représentent tout de même une évolution considérable dans la lutte contre la souffrance animale et un espoir dans la cause environnementale. On peut aussi espérer dans le futur un prolongement de ces règles vers une restriction totale de la « recherche animale » à travers le monde.