Groenland en tant que nouvel Eldorado de l’Arctique

Le Groenland est un territoire appartenant au Danemark, malgré le fait qu’il soit autonome. Il fait partie de l’Union européenne, et est lié au Danemark.

Des ressources minières stratégiques

Tout d’abord, la position stratégique du Groenland attire l’attention de nombreux pays en raison de ses ressources minières, notamment l’uranium, le fer et les terres rares : un groupe de 17 métaux essentiels à de nombreuses technologies courantes telles que les smartphones et les écrans. Les autorités groenlandaises décident d’exploiter ou non ces ressources. Ce choix suscite des contestations, car l’économie locale exploite encore peu les richesses minières : la pêche constitue l’activité principale, tandis que seulement deux mines fonctionnent actuellement sur le territoire.

Alors que la course aux matériaux rares s’accélère et que la demande mondiale augmente fortement — certains responsables politiques présentant le Groenland comme un Eldorado aux ressources abondantes. Les estimations évaluent les réserves de métaux rares à environ 36 millions de tonnes. Toutefois, l’exploitation reste difficile : d’épaisses couches de glace recouvrent la majeure partie du territoire et l’accès complexe à certaines zones complique la mise en place d’infrastructures minières.

« Il n’y a pas de route entre les villages. Pour aller d’un point A à un point B, il faut prendre le bateau, l’avion ou l’hélicoptère. La côte est, par exemple, on ne peut y aller que depuis l’Islande. Cela veut dire que, depuis la capitale Nuuk, il faut prendre deux avions. Et chaque déplacement dépend en plus de la météo. Cet été, je suis restée bloquée cinq jours parce qu’aucun hélicoptère ne décollait à cause du mauvais temps » Selon la professeure en archéologie et paléoenvironnement à l’Université de Franche-Comté, Émilie Gauthier.

Le Groenland attire non seulement l’attention pour ses ressources, mais aussi pour sa position stratégique dans le cercle polaire arctique, qui joue un rôle important : le réchauffement climatique, en faisant fondre les glaces, pourrait ouvrir plusieurs routes maritimes majeures.

La convoitise des États-Unis

La convoitise des États-Unis n’est pas récente, puisqu’elle remonte à l’accord de défense de 1951 signé avec le Danemark, qui autorise les États-Unis à maintenir et à construire des bases militaires.

Lors de la première présidence de Donald Trump, les États-Unis ont envisagé à plusieurs reprises l’acquisition du Groenland , mais le gouvernement danois de Lars Løkke Rasmussen III a rejeté toute offre d’achat du Groenland. Aujourd’hui, Donald Trump poursuit cette convoitise envers le Groenland en déclarant qu’il serait prêt à l’annexer « par tous les moyens possibles », exprimant qu’il serait prêt à recourir à la force, comme il l’a fait avec le Venezuela.

Selon le président américain, cela serait lié à des questions de sécurité nationale face à la Russie et à la Chine, estiment que les forces danoises ne peuvent pas défendre l’île efficacement. Mais aussi, cette convoitise s’explique par les ressources du territoire et au contrôle des futures routes maritimes qui s’ouvriront avec le réchauffement climatique et la fonte des banquises. L’Union européenne ainsi que le Danemark s’opposent fermement aux États-Unis. Le Danemark, dont dépend le Groenland, a rejeté toute idée d’annexion ou de proposition d’achat et a demandé aux États-Unis de cesser, rappelant que le Groenland n’est « pas à vendre ».

Par ailleurs , Donald Trump Jr. a voyagé sur le territoire, a distribué des casquettes “Make America Great Again” et a partagé des images sur les réseaux sociaux pour montrer le soutien supposé de la population locale.

Les réactions européennes et américaines

La réponse de l’Union européenne s’est traduite par l’envoi de troupes européennes afin de mener un exercice militaire appelée « Arctic Endurance » : une quinzaine de militaires français, ainsi que des militaires suédois, allemands, norvégiens et néerlandais. Ils sont envoyés pour une mission de reconnaissance conjointe au Groenland, d’après le ministère de la Défense afin de rassurer sur sa capacité à défendre le Groenland face à la Russie ou à la Chine.

Cette mission n’est pas vue d’un bon œil par le gouvernement américain. Donald Trump menace l’Union européenne d’augmenter les droits de douane si les pays européens, tels que la France ou le Danemark, persistent à s’opposer aux États-Unis. La Chine affirme que ses activités dans l’Arctique visent à promouvoir la paix, la stabilité et le développement durable, tandis que la Russie qualifie la prétendue menace américaine de “mythe”.

« Vous allez voir jusqu’où je peux aller. Beaucoup de réunions sont prévues sur le Groenland et je pense que les choses vont s’arranger. » Selon le président américain, huit États européens, dont la France, joueraient « à un jeu très dangereux » et ont « pris un risque qui n’est ni tenable ni viable » en envoyant des troupes symboliques au Groenland dans le cadre d’un exercice.

La présence française sur le territoire groenlandais

Le vendredi 6 février a été marqué par l’ouverture d’un consulat français à Nuuk, la capitale du Groenland, déjà prévue l’an dernier par le président français Emmanuel Macron. Cette initiative est perçue comme un « signal politique majeur » envers les États-Unis, avec la nomination du consul général Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur au Vietnam. Cette ouverture s’explique par une volonté de travailler « à l’approfondissement des projets de coopération déjà existants avec le Groenland, sur les plans culturel, scientifique et économique, tout en renforçant les liens politiques avec les autorités sur place », selon le communiqué du Quai d’Orsay.

Entre richesse en ressources, enjeux géopolitiques et changements liés au réchauffement climatique , le Groenland est au centre de l'attention mondiale , considée comme le nouvel Eldorado.

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