Cuba en crise : entre embargo et espoir

Depuis la révolution de Fidel Castro en 1959, douze présidents américains ont échoué à faire chuter le régime. Dont, en 1962, le président américain John F. Kennedy impose un embargo contre Cuba après que le régime de Fidel Castro a nationalisé des entreprises américaines. Cet embargo interdit les échanges économiques avec l’île et vise à affaiblir le gouvernement cubain et à provoquer un changement de régime. 

« Pour les États-Unis, l’objectif est d’arriver à un changement de régime à La Havane. C’est extrêmement symbolique », explique Thomas Posado, maître de conférences en civilisation latino-américaine contemporaine à l’Université de Rouen Normandie

L’apaisement des tensions

Après des décennies de tensions, les relations entre Cuba et les États-Unis commencent à s’améliorer à partir de 2014. Les présidents Raúl Castro et Barack Obama annoncent un rapprochement historique, avec la reprise du dialogue et la réouverture des ambassades en 2015. Ce “dégel” permet d’assouplir l’embargo américain, comme les voyages et les échanges d’argent, même si l’embargo américain reste en grande partie en place.

Le 20 mars 2016, le président américain Obama fait une visite officielle à Cuba. C’est la première fois depuis 1928 qu’un président américain en exercice se rend sur le sol cubain

En découlent plusieurs années fastes, liées à un grand boom du tourisme. En 2017, 2018 et 2019, 4,5 millions de touristes, en moyenne, viennent sur l’île. Ce qui représente près de 2,5 milliards d’euros de recettes. Des chiffres deux fois supérieurs à ceux connus en 2008. De nombreux Cubains font affaire grâce à la restauration ou la location de logements. Les croisières, qui apportent un lot important de touristes américains, fonctionnent bien et participent fortement a l’économie cubaine.

Tensions et chute de la prospérité économique

Le tourisme cesse et le choc économique lié à la pandémie conduit à une baisse du PIB de 10,9 %. En 2021, le nombre de touristes annuel chute ainsi jusqu’à 355 000, avant une reprise timide à 1,6 million l’année suivante.

En parallèle, les transferts de fonds de la diaspora cubaine, qui représentaient la deuxième source de devises pour l’île, chutent fortement. Ils baissent de 47 %, passant de 3,7 milliards de dollars en 2019 à 1,97 milliard en 2023

De plus , avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, dès juillet 2025, le républicain a ordonnée a ces ministres de réexaminer les sanctions actuelles et de trouver des moyens de les durcir rapidement.

En revanche , depuis la capture de Nicolas Maduro à Caracas, au Venezuela, le 3 janvier 2026 , l’étau autour de Cuba a continué à se resserrer, l’administration Trump a stoppé l’approvisionnement pétrolier vénézuélien, que Caracas envoyait à son allié. Donald Trump menace en outre de représailles tout pays qui enverrait du pétrole à l’île des Caraïbes. Ainsi , un blocus pétrolier est mis autour de Cuba. Toutes ces mesures et événements récents mis bout à bout n’ont fait que renforcer une crise énergétique sur l’île, qui commence à manquer de tout, alors qu’aucun bateau chargé de pétrole n’est officiellement entré à Cuba depuis le 9 janvier.

Les pénuries de carburant, de médicaments et de certains aliments, les restrictions liées aux moyens de transport public, la réduction de l’offre de soins dans les hôpitaux ou les pannes d’électricité fréquentes et prolongées, font maintenant partie du quotidien des 11 millions de Cubains.

« Les pénuries de pétrole s’ajoutent au fait qu’il y avait déja des coupures d’électricité » , précise Thomas Posado

La situation cubaine pousse le gouvernement cubain a accepter l’aide chinoise. Chine  intensifie son soutien  pour aider un « pays ami » à faire face au blocus pétrolier américain, renforcé par le président Donald Trump. La Chine souhaite augmenter son influence en Amérique latine. Des dons chinois sont faits en direction de Cuba : du riz pour les habitants , environ 60 000 tonnes de riz et des panneaux solaires, avec des équipes chinoises envoyées pour appuyer les cubains dans l’installation d’un système de panneaux solaires.

Un convoi humanitaire en direction de Cuba

Plus de 500 personnes venues d’une trentaine de pays d’Amérique latine, d’Amérique du Nord et d’Europe sont arrivées à La Havane pour remettre aux autorités cubaines une vingtaine de tonnes de produits alimentaires, de matériel médical et d’équipement solaire, nommée le convoi « Nuestra America ». « Il y a des coupures d’électricité tout le temps. Des gens meurent faute de soins : c’est inadmissible », dit au téléphone, Medea Benjamin, cofondatrice de l’organisation pacifiste américaine CodePink : Women for Peace.

Ainsi , depuis le coup américain , Cuba est maintenant la cible du président américain , l’embargo place les cubains dans une position précaire. Le 16 mars 2026, Donald Trump déclarait qu’il pensait avoir prochainement l’« honneur de prendre Cuba , qui illustre l’obsession du président des États-Unis pour cette île, placée sous embargo américain depuis 1962. Maintenant , Cuba se retrouve entre l’embargo américaine et la tentative de domination chinoise sur l’ile, qui souhaite étendre leur influence en Amérique du Sud

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